Coca life Martin 33cl
Odysée pour rebuts et êtres vivants
deuxième création de la compagnie Emballage 9

Il était une fois Coca Life Martin, une canette Life de 33 cl. Depuis sa naissance dans une usine du Nord de la France à Bierne jusqu'à ses déboires au métro Châtelet-Les Halles, c'est l'histoire d'une odyssée Atlantique qui se raconte là. Ou comment le long périple existentiel d'une canette en plein océan la mène à se familiariser avec force rebuts, hommes et baleines, au rythme d'une chanson de Sia “Chandelier” – 1 623 794 650 vues sur youtube. Jusqu'au septième continent ?
Il était une fois la nouvelle Bible moderne, celle d'une réclame Coca Cola, dont le verset principal serait : " Savoure l'instant "
Co-mise en scène, marionnettistes, bruitages :
Eli Neva Jaramillo, Camille Paille et Coline Fouilhé
Texte : Gwendoline Soublin
Durée : 1h
Tout public, à partir de 10 ans
L’origine du projet
Avant sa naissance officielle dans une usine du nord de la France, l'aventure de Coca Life Martin 33 cl débute d'abord à Charleville-Mézières en 2016.
Dans le cadre de sa formation, Coline Fouilhé est amenée à travailler sur son solo de troisième année : la création libre d'une forme courte de vingt minutes autour de la thématique des déchets* rebuts. À cette occasion, elle rencontre l'autrice Gwendoline Soublin (alors en formation à l'École Nationale Supérieure des Arts et Techniques du Théâtre de Lyon, en département Écrivain dramaturge) avec laquelle elle dialogue jusqu'à créer la première version de Coca Life Martin 33 cl, présentée en décembre 2016 à l'Institut de la marionnette de Charleville-Mézières.
Suite à cette première forme, Gwendoline Soublin s'attelle alors à l'écriture d'une version longue du texte. Il est publié en novembre 2017 aux éditions Koinè.
Sur les saisons 2018-19 et 2019-20 Coline Fouilhé œuvre à la création de la forme intégrale de Coca Life Martin 33 cl, en compagnonnage avec le Tas de sable - Ches Panse Verte et artiste associée à la Maison du théâtre d'Amiens .
Le 5 novembre 2019, a eu lieu la première de la forme intégrale de Coca Life Martin 33 cl à la Maison du théâtre d'Amiens. Le covid-19 est arrivé et a mis en jachère de nombreux questionnements métaphysiques : Pourquoi vendre un spectacle comme un produit ? Faut-il persister à raconter la fin du monde?
Aujourd'hui, le spectacle prend un nouvel élan de vie en rencontrant la compagnie Emballage 9. Et vise une nouvelle forme amphibienne et autonome en espaces non dédiés: à l'écoute du monde qui l'entoure.
*Indication à l'attention de notre lectorat :
« Ici, nous parlerons toujours de rebuts, pas de déchets ! On appelle « déchets » ceux qui ne sont plus regardés avec empathie. Or les rebuts ont la nôtre, et nous pensons que les mots racontent aussi une histoire spécifique du monde. Être rebut, c'est n'avoir pas choisi d'être déchet, c'est avoir été exclu-broyé-balancé sans autre forme de procès. Nous ne serons jamais les juges de ces mal-nommés, mais toujours leurs plus fidèles compagnons d'infortune. »
[extrait du Discours pour les rebuts écrit par Coca Life Martin, 2018]

Dans notre société occidentale consumériste, les rebuts sont partout. Ils traînent dans nos poubelles, dans nos rues, ils sont abandonnés au milieu des bois et flottent en plein océan. Preuves de nos usages quotidiens et miroirs aussi par extension de nos croyances, de nos rêves, de nos désirs, les rebuts appartiennent à notre archéologie intime – et pourtant nous ne les voulons pas. Nous les chiffonnons, malaxons, écrasons, broyons sitôt utilisés. Plus l'objet est jetable plus son existence est éphémère – soulignant par là-même l'étrange paradoxe d'un monde industriel qui produit à toute allure et en grande quantité pour une utilisation de seulement quelques heures, quelques minutes – parfois même quelques secondes.
L'enjeu écologique que les rebuts représentent va de soi. Et les mettre en scène, c'est forcément penser au monde dans lequel nous vivons et à nos politiques de l'autruche qui pensent (toujours) que le problème de nos « déchets » est à remettre au lendemain. Le septième continent de plastique est un monstre mythique dont tout le monde a entendu parler – et qui hante nos imaginaires à la façon d'un fantastique monstre du Loch Ness, aussi repoussant qu'étrangement onirique.

Le terrain de jeu
Depuis quelques années, nous expérimentons des constructions flottantes : des radeaux, des scènes et même des marionnettes enflammées.
La réflexion autour de rebuts reste toujours centrale dans notre démarche. Nos constructions sont faites d'éléments de récupération ; bidons en plastiques, palettes, chambres à air et ficelles à ballots.. Dans nos balades le long du courant, nous récoltons les rebuts accrochés au branches, ou flottant à la dérive comme le héros de notre histoire, Coca Life Martin.
Les premières formes de ce spectacle ont eu lieu entre 4 murs noirs et s'adressaient à un public confortable et averti. La volonté d'aujourd'hui mène à sentir le vent, le ciel étoilé au-dessus et partager un moment avec un public qui ne s'y attend pas. Révéler la tragique poésie d’une rencontre ordinaire comme celle d'un sac plastique qui tournoie au coin de la rue.
Le spectacle aura deux formes possibles : une à terre, et une sur l’eau. Cette dernière se jouera sur une plateforme flottante, arrimée dans un plan d'eau ou sur le quai d’un centre-ville. Le public assistera depuis la berge à cette odyssée pour rebuts et êtres vivants, entre les feux verts et rouges qui miroiteront sur l'eau.
Un texte contemporain
Écrire à partir du rebut
Ira dans la Seine
Ira pas
Ma vie vaut 1 euro 50
quant au reste, du mépris
pense-t-il, chagrin
Coca Life Martin saute
Manquera à qui ?
extrait de Coca Life Martin 33 cl
L'histoire de la canette Coca Life Martin 33 cl est d'abord le récit par deux conteurs-interprètes-manipulateurs-bruiteurs d'une odyssée qui s'invente avec force slogans, jingles, citations, name droping de marques et autres novlangues technologico-publicitaires. Le poème dramatique est ici « pollué » par nos nouveaux modes de consommation. Le marketing agressif des médias et de la publicité transforme nos récits collectifs en réclames calibrées - bonheur, beauté, éternité - : le capitalisme vous veut du bien. Et le storytelling est omniprésent dans nos vies.
Est-il possible de poser un regard acide et amusé sur notre société de surconsommation ? Quel mythe une canette de Coca Cola peut-elle écrire sur notre lente submersion dans le grand bain apocalyptique climatique ? Entre les humains et les rebuts, qui survivra au dernier climax hollywoodien d'une histoire en train de s'inventer ?
Un théâtre d’objets trouvés
Jouer avec le rebut
Nous souhaitons poser un autre regard sur nos rebuts. Grâce au théâtre d'objets, il devient possible de définir entre une « vulgaire » canette manufacturée et nous un lien empathique et sensible. Quel est cet objet que je fréquente et qui me raconte ? Par l'anthropomorphisme, c'est tout un monde imaginaire qui émerge. Les rebuts peuvent alors prendre vie, prendre voix, prendre corps. Leur spécificité de cabossés leur confère une étrange singularité. La canette devient poisson, la vieille tôle océan, un Direct Matin pleure sur les rails du métro et Coca Life Martin discute avec un Tampax. Les rebuts changent d'identité et par la même occasion notre regard sur eux est altéré. Et peut-être est-ce cette légère distanciation, variation, qui nous permet (enfin) de les voir autrement. Pendant la création de ce spectacle, nous collections, classons, experimentons le pouvoir poétique de ces rebuts, en divers ateliers et improvisations, pour ainsi composer notre spectacle avec eux. Dans Coca Life Martin 33 cl, il s'agit pour nous de jouer avec les « déjà existants », non pas de fabriquer intentionnellement nos rebuts. Tous les objets du spectacle seront de véritables rebuts.
Composer une fiction sonore
avec les rebuts
Battre la mesure sur une boîte de conserve, imiter un chant de baleine avec une tôle, tournoyer du tuyau pour entendre le souffle du vent.
Quelle mélodie font les rebuts ?
Quels bruits réveillent-ils dans nos imaginaires ?
Au plateau, se joue une partition sonore en temps réel. Les interprètes jouent, bruite avec une lutherie sauvage issue des déchets, associée à des instuments traditionnels sortis des grenier. Ils bruitent, inventent, explorent. Dans un premier temps, notre objectif est de créer un roman audiophonique. Nous l’adapterons dans un second temps à l’espace scénique entre bruitage et théâtre d’objet.


